James Barnor, 97 ans, honoré par les Sony World Photography Awards 2027

À 97 ans, James Barnor reçoit l’une des distinctions les plus en vue du monde de la photographie. Le 5 novembre, les Sony World Photography Awards ont désigné le photographe ghanéen lauréat du prix Outstanding Contribution to Photography 2027. Ce titre récompense une œuvre qui a durablement marqué le médium. Barnor rejoint ainsi un palmarès où figurent Joel Meyerowitz, Susan Meiselas, Sebastião Salgado ou Martin Parr.

Pour tous ceux qui aiment le portrait, la photo de studio ou le reportage de rue, c’est l’occasion de redécouvrir un parcours peu connu du grand public. Il a pourtant beaucoup à apprendre à quiconque tient un appareil.

Ce qui a été annoncé #

Selon le compte rendu publié par Lense, le prix sera remis à Londres le 15 avril 2027, lors de la 20ᵉ cérémonie des Sony World Photography Awards. C’est aussi ce soir-là que seront dévoilés les grands lauréats du concours. Une rétrospective de plus de 50 œuvres sera ensuite présentée à Somerset House, du 16 avril au 3 mai 2027, au sein de l’exposition annuelle des awards. Elle réunira des tirages et des documents d’archives.

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Le Quotidien de l’Art rappelle qu’il succède à Joel Meyerowitz (2026), Susan Meiselas (2025), Sebastião Salgado (2024) et Rinko Kawauchi (2023). Ce prix ne salue pas un cliché isolé mais une vie entière derrière l’objectif.

D’Accra à Londres, une vie de photographe #

La page officielle de l’organisation retrace les grandes étapes. Barnor naît au Ghana en 1929 et ouvre à Accra son studio Ever Young, où il photographie un pays en train de devenir indépendant. Il est aussi l’un des premiers photojournalistes à travailler pour le Daily Graphic, quotidien publié au Ghana par le groupe londonien du Daily Mirror.

En 1959, deux ans après l’indépendance, il part à Londres pour perfectionner sa technique. Il y découvre la couleur au Medway College of Art. Ses images font la une de Drum, magazine fondé en Afrique du Sud en 1951 et devenu un symbole de la lutte contre l’apartheid. Il saisit l’esprit du Swinging London et le quotidien de la diaspora africaine dans la capitale britannique.

À la fin des années 1960, Agfa-Gevaert le recrute. Il rentre au Ghana pour y monter le premier laboratoire couleur du pays et y reste une vingtaine d’années. Il travaille alors dans son nouveau Studio X23, en indépendant et pour des agences de l’État. Ses œuvres sont aujourd’hui conservées au MoMA, à la Tate, au Victoria and Albert Museum, au Centre Pompidou ou au musée du quai Branly – Jacques Chirac.

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Ce que son travail enseigne aux photographes d’aujourd’hui #

Le studio comme lieu de rencontre

Chez Barnor, le studio ne sert pas seulement à fabriquer une image propre. C’est un endroit où les gens viennent se montrer tels qu’ils veulent être vus : en costume du dimanche, avec un objet qui compte, en couple ou en famille. Cette idée reste précieuse pour tout photographe de portrait. Le décor et la lumière comptent, mais ce qui fait la photo, c’est la confiance qui s’installe avec la personne en face.

Concrètement, on peut s’en inspirer avec un fond simple, une seule source de lumière douce et beaucoup de temps passé à parler avant de déclencher. Laisser le modèle choisir sa tenue et sa pose donne souvent des images plus justes qu’une mise en scène imposée.

Passer d’un registre à l’autre

Barnor a été tour à tour portraitiste de quartier, reporter pour un quotidien, photographe de mode pour un magazine et technicien de laboratoire. Ces allers-retours expliquent la richesse de son œuvre. Le reportage apprend à anticiper, le studio à maîtriser la lumière, le laboratoire à comprendre la matière de l’image.

Pour un amateur, la leçon est simple : sortir de sa zone de confort. Si vous faites surtout du paysage, une série de portraits dans votre entourage vous fera progresser sur la lumière et sur la relation. Si vous êtes à l’aise en studio, la photo de rue vous obligera à composer vite.

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Photographier son époque

Ses images de l’indépendance ghanéenne ou de la diaspora londonienne valent aujourd’hui comme archives. Ce n’était pas forcément leur but au départ : ce sont d’abord des photos de commande, des portraits, des sujets de magazine. Leur force tient à leur attention aux gens ordinaires et aux changements de leur temps.

Garder, classer et légender ses propres fichiers est une habitude modeste qui peut donner de la valeur, des années plus tard, à des images prises sans arrière-pensée.

Ses mots au moment de recevoir le prix #

Dans sa déclaration publiée par la World Photography Organisation, Barnor dit avoir eu « la chance de naître et de grandir dans une famille de photographes ». Il ajoute que son appareil est devenu son « compagnon ». Il insiste aussi sur la transmission. Il espère que l’exposition incitera les photographes en devenir à rester curieux, à raconter leurs propres histoires et à partager ce qu’ils savent.

C’est peut-être le meilleur conseil que l’on puisse retenir de cette annonce. Pour progresser en photo, mieux vaut regarder longtemps le travail des autres et partager le sien.

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Comment voir ses images #

En attendant l’exposition londonienne du printemps 2027, de nombreux portraits de Barnor sont visibles dans les collections en ligne des musées qui le conservent. Ses livres de photographies permettent aussi de suivre son parcours d’Accra à Londres, et de son studio de quartier aux pages des magazines. Prenez le temps d’observer ses cadrages, la place des mains et des regards, et l’usage du décor : c’est une excellente école du portrait.

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