C’est une première dans l’histoire du concours. Pour sa 12e édition, le concours photo Royan Architecture[s] s’est achevé sur un verdict sans vainqueur unique : les huit membres du jury n’ont pas réussi à départager deux images et ont désigné deux lauréates ex æquo, rapporte Sud Ouest. Au-delà du palmarès local, cette édition offre une belle leçon de photographie d’architecture autour d’un thème simple en apparence : « Lignes ».
Plan de l'article
Un palmarès partagé et une participation record #
Les deux photographies distinguées sont celles de Véronique Channac, habitante de Saint-Georges-de-Didonne, et de Clémentine Decan, Royannaise. Dans la catégorie réservée aux plus jeunes, c’est Léonorine Elsen, 12 ans, qui remporte le premier prix.
Le thème a clairement parlé aux photographes. Selon Sud Ouest, 191 images ont été soumises au jury cette année, contre 126 en 2025 : 159 dans la catégorie adultes et 32 réalisées par des enfants. Parmi elles, 51 photographies ont été retenues pour l’exposition présentée au Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (Ciap), au Palais des congrès de Royan. Elle est visible jusqu’au 23 décembre, en entrée libre.
Un règlement qui dit beaucoup de la photo d’architecture #
Le règlement officiel publié par la Ville de Royan fixait des règles claires. Une seule photographie par candidat, obligatoirement prise à Royan. Retouches numériques autorisées, mais photomontages interdits. Fichier JPEG en haute qualité, au minimum 300 ppp pour un tirage 20 × 30 cm, et tirage papier demandé aux adeptes de l’argentique.
Le jury, composé de professionnels comme des photographes et des architectes, jugeait trois critères : la pertinence du traitement du thème, les choix techniques et l’originalité du cliché. Un trio qui résume assez bien ce que l’on attend d’une bonne image d’architecture, que l’on participe à un concours ou non.
Photographier des lignes : quelques pistes concrètes #
Le thème « Lignes » paraît évident face à des bâtiments. Il devient pourtant vite piégeux : une façade bien droite ne suffit pas à faire une image. Voici les réflexes qui aident à transformer une ligne en sujet.
Choisir une ligne directrice et s’y tenir
Une rampe d’escalier, une corniche, le bord d’un toit ou l’alignement de fenêtres peuvent guider le regard vers un point précis du cadre. L’erreur courante consiste à en accumuler trop. Mieux vaut en choisir une ou deux dominantes et construire la composition autour, en plaçant leur point de fuite ou leur intersection sur un tiers de l’image.
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Corriger, ou assumer, les verticales
Dès que l’on lève l’appareil vers un bâtiment, les verticales convergent. Deux options : redresser la perspective, au cadrage en reculant ou à la retouche avec l’outil de correction géométrique de son logiciel, ou au contraire exagérer la convergence en plongée ou contre-plongée pour en faire un effet graphique. L’entre-deux, avec des murs légèrement penchés, donne souvent une impression d’erreur.
Laisser la lumière dessiner
Les ombres portées créent leurs propres lignes. Une lumière rasante en début ou en fin de journée découpe les reliefs d’une façade, souligne les brise-soleil ou les claustras et ajoute des diagonales que l’architecture seule n’offre pas. En plein midi, le même bâtiment paraît souvent plat.
Oser le détail et l’abstraction
Une photographie d’architecture n’est pas obligée de montrer le bâtiment entier. Un téléobjectif ou un simple recadrage permet d’isoler un motif, la répétition de balcons ou le dessin d’une rambarde, jusqu’à obtenir une image presque abstraite. C’est souvent ce qui fait la différence sur le critère d’originalité.
Penser au noir et blanc
Quand le sujet repose sur des formes, la couleur peut distraire. Le noir et blanc met en valeur les contrastes et la géométrie. À tester en retouche en jouant sur les curseurs de couleurs, qui permettent de foncer un ciel ou d’éclaircir une façade sans toucher au reste.
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Une exposition à voir, un thème à préparer #
Pour qui passe en Charente-Maritime d’ici le 23 décembre, l’exposition du Ciap permet de voir comment 51 photographes ont interprété le même mot dans la même ville. C’est un exercice instructif : la comparaison montre vite quelles images tiennent par leur composition et lesquelles reposent seulement sur leur sujet.
Le thème de l’édition 2027 est déjà connu : ce sera « Courbes ». De quoi s’entraîner toute l’année, à Royan ou ailleurs, à repérer arcs, voûtes, escaliers en colimaçon et bords de mer, et à appliquer les mêmes principes de composition que pour les lignes droites.




